dimanche 5 juin 2011

Les immigrants investisseurs rapportent gros

 Source : cyberpresse.ca
On l'a critiqué pour son manque de transparence et son faible taux de rétention, mais le programme Immigrants investisseurs a généré des milliers d'emplois au Québec, soutiennent deux économistes qui tenteront ce matin de convaincre le gouvernement d'attirer davantage de ces étrangers fortunés.
Dans un mémoire qu'ils présenteront devant la commission parlementaire chargée de planifier l'immigration aujourd'hui, les économistes Pierre Fortin et Pierre Emmanuel Paradis soutiennent qu'il faut admettre davantage d'immigrants investisseurs. La raison est simple: ils génèrent à eux seuls une importante activité économique.


Des quelque 45 000 immigrants admis chaque année au Québec, à peine 3,5% arrivent par l'entremise de ce programme, essentiellement des pays asiatiques. Mais leur impact sur l'économie de la province est «substantiel», estiment les chercheurs. À eux seuls, ils ont généré des investissements de 500 millions de dollars dans plus de 3000 entreprises québécoises de 2001 à 2011.

«Ce sont des PME qui ont reçu de l'argent et qui ont pu réaliser des projets grâce à ce programme», souligne en entrevue Pierre Emmanuel Paradis.

Pour la seule année 2009-2010, les fonds placés par des immigrants investisseurs ont permis de créer 2600 emplois, en plus d'en maintenir 1355 autres.

Le programme Immigrants investisseurs vise les étrangers fortunés qui souhaitent s'établir au Canada. Pour y participer, les candidats doivent posséder un avoir net d'au moins 1,6 million et posséder une expérience en gestion.

Surtout, ils versent 800 000$ à Investissement Québec (le total était de 400 000$ jusqu'à l'an dernier), somme qui leur est remboursée sans intérêt au bout de cinq ans. En retour, ils obtiennent la citoyenneté canadienne et leur famille peut s'établir au pays.

Investissement Québec utilise la totalité des sommes du programme pour financer des PME.

Familles

L'arrivée des familles de ces gens d'affaires fortunés a un impact économique encore plus immédiat sur la province, soulignent MM. Fortin et Paradis. Elles achètent des maisons cossues, des voitures de luxe, des téléphones portables, bref, un éventail de produits dans les magasins québécois.

Les chercheurs ont mené un sondage auprès de 107 familles d'immigrants investisseurs. Et le répondant moyen avait engagé des dépenses d'environ 720 000$ depuis son arrivée.

«Il y en a une partie qui, non seulement ont conservé leurs activités en Asie, mais qui ont aussi créé des liens d'affaires avec le Canada et qui ont investi dans les entreprises ici», souligne M. Paradis.

Pour que le Québec profite pleinement de ce potentiel, il faut accueillir davantage d'immigrants investisseurs, soulignent les chercheurs. Ils plaident aussi pour une réduction des délais d'attente, ainsi que des mesures pour mieux intégrer les nouveaux arrivants et leurs familles.

En février, le Conseil des relations interculturelles du Québec a critiqué le programme, soulignant qu'à peine 10% des immigrants investisseurs restaient au Québec au bout de 10 ans. C'est pourquoi le gouvernement doit faire davantage pour intégrer ces nouveaux venus fortunés, indique M. Paradis.

«Plutôt que de dire «dommage, ils s'en vont», on constate que ceux qui restent dépensent beaucoup d'argent, dit M. Paradis. Et quand de l'argent vient de l'étranger comme cela, c'est une injection directe de fonds étranger sdans l'économie. Ça vaut la peine de faire des efforts pour que ces familles restent ici.»

La recherche de MM. Fortin et Paradis a été financée par un regroupement d'institutions financières qui travaillent auprès d'immigrants investisseurs potentiels.

mardi 31 mai 2011

Amir Khadir n'est pas un mouton grégaire !



J'ai écouté ce fameux échange viril entre M. Khadir M. Bouchard avec beaucoup d'amusement. C'est une vraie farce de voir M. Bouchard sortir de ses gonds pour si peu. C'est la faucheuse attitude d'un ex-dirigeant qui pense qu'il a tellement fait pour le Québec qu'il est interdit de le critiquer, qu'on doit l'accueillir à l'assemblée nationale sur un tapis rouge même s'il est venu dans un costume de lobbyiste. C’est tellement dommage de voir l’ex-premier ministre  « patauger » autant dans sa cour du roi « Pataud ». Le vrai roi Pétaud dans tout cas, c’est M. Pinard dont la gestion de cette rencontre a été pathétique, tellement intimidé qu’il était par le Tout Puissant Bouchard. Il s’est même  senti obligé de rappeler tout l’Amour de la nation à M. Bouchard afin de calmer son noble courroux et ensuite remettre le jeune présomptueux à sa place.
Encore une preuve que l’on vit dans une société où on a peur des débats, surtout quand ils sont un peu corsés.  Les seuls échanges dans lesquels les Québécois se sentent confortables (de mon expérience), c’est quand on se lance des fleurs et se lèche les bottes. Dès que le ton monte, ils se sentent immanquablement mal à l’aise. Ca semble viscéral.  Le lobbyiste aurait aimé que tout le monde lui tient des propos flatteurs dus à son passé de grand boss de la nation. Maudit Khadir qui se sent obligé d’être agressif parce qu’il joue seul dans son équipe et doit courir derrière ses secondes  qui filent  comme une peau de chagrin.  Je le trouve parfois teigneux mais , maudit,  qu’il fait un sacré boulot avec le peu de ressources dont il dispose.

mercredi 25 mai 2011

DSK: lettre à mes cousins français

Source : Cyberpresse.ca

Marc Simard
L'auteur est professeur d'histoire au collège François-Xavier-Garneau, à Québec.

Chers cousins, il y a longtemps déjà que je vous fréquente et pourtant, jamais vous ne cessez de me surprendre.
L'an dernier, encore, vous avez provoqué l'hilarité générale en vous opposant au relèvement de l'âge de la retraite à 62 ans. Mais là, vous vous dépassez: un sondage révèle en effet que 57% d'entre vous croient que DSK a été victime d'un complot.
Connaissant votre grande culture littéraire, j'attribue une partie de ce pourcentage ahurissant à votre lecture des oeuvres d'Alexandre Dumas, ce grand maître de la conspiration occulte.

Pour ma part, je n'arrive pas à identifier quelqu'un d'assez machiavélique pour avoir créé cette intrigue de la femme de chambre africaine (de surcroît immigrante, musulmane et mère célibataire) qui entre dans sa chambre dans la matinée, au moment précis où il sort nu de la douche, et qui réussit à l'amener à avoir avec elle une relation consensuelle pour se plaindre par la suite qu'elle a été agressée, le tout au profit d'un mystérieux commanditaire. Comme disait François Pignon, c'est «très intelligent, mais vachement tordu».
 
Si j'avais été le scénariste de ce coup monté, j'aurais placé la scène à l'heure de l'apéro et j'aurais introduit dans la chambre de ma victime une soubrette blonde aux yeux verts avec un décolleté profond et une jupe à ras vous savez quoi, et portant un plumeau ainsi qu'un cellulaire où serait enregistré le numéro personnel de Sarko. L'addition de tous ces clichés aurait donné, me semble-t-il, plus de crédit à la thèse de la conjuration.

Mais outre votre imagination débridée, cette affaire révèle aussi des différences fondamentales entre vous et les Nord-Américains, ainsi que certains traits culturels et sociétaux que je qualifierais de gênants ou même de déplaisants.
On ne peut que s'étonner de la survivance dans votre pays, qui a pourtant fait une révolution en bonne partie pour éradiquer les privilèges sociaux, d'un formidable écart non seulement économique, mais aussi sociétal et judiciaire entre votre élite et les masses populaires.
Avouez-le: ce qui vous choque, dans l'affaire DSK, c'est qu'un puissant (homme de gauche, de surcroît) soit arrêté et inculpé à la suite du témoignage d'une femme de ménage noire, musulmane et immigrante. Dans votre pays de strates et de privilèges, cela est impossible: ou les policiers n'auraient pas pris ses allégations au sérieux, ou le parquet aurait étouffé l'affaire ou l'aurait laissé trainer en longueur jusqu'à étiolement, ou encore un mandarin au bras long serait intervenu pour y mettre le holà.

Vous êtes d'autant plus indignés que vous considérez que ni les médias ni la justice n'ont le droit de s'immiscer dans les amours, même ancillaires, des gens riches et célèbres. Mais vous avez hélas! tendance à confondre aventures et harcèlement ou même agression, pardonnant aux nababs leurs incartades sans vous soucier de leurs victimes.
L'affaire DSK témoigne aussi de votre sentiment collectif de supériorité face aux sociétés nord-américaines, que vous considérez comme frustes et brutales. Vous avez en effet été choqués de voir DSK, menottes aux poignets, traité comme un «vulgaire détenu».
Je regrette d'avoir à vous le rappeler, mais dans le système judiciaire états-unien, où le statut social compte beaucoup moins que chez vous, c'est ce qu'il est. Et ni son appartenance à l'élite mondiale ni son poste prestigieux ne lui permettront d'obtenir de passe-droit.

Je soumets aussi que, malgré la détestable mise en scène et la médiatisation du processus judiciaire, la présomption d'innocence y est beaucoup mieux respectée que chez vous. Ces procédés vous hérissent, tandis que je suis fort aise de constater une fois de plus qu'aux États-Unis, ce pays de cow-boys et de rednecks, «nul n'est au-dessus de la loi».

vendredi 20 mai 2011

La sainte explosion de colère de Denise Bombardier contre la mentalité francaise

Il est de notoriété publique que Denise Bombardier ne fait pas dans la langue de bois. Je l'ai souvent vue prendre des positions très tranchées parfois trop tranchées à mon goût. Mais cette fois-ci, je suis ravie de sa sortie enflammée sur France Inter contre cette manie francaise d'inversement des rôles entre le boureau et la victime dès que la réputation des hommes puissants est en jeu. Je vous laisse admirer Denise Bombardier en action. Ca fesse en estie.


Denise Bombardier par franceinter

Les amis de Dominique Strauss Kahn sont tombés sur la tête

J'ai fait le tour des médias francais, les réactions d'un grand nombre de Francais et les interventions des amis de DSK sont plutôt suréalistes. On se sent sur une autre planète, une planète où une simple "boniche" devrait se sentir honnorée d'être agressée par le Tout puissant directeur général du FMI, la planète de l'insensé et de l'insensible, une planète où tout le monde n'est pas nécessairement égal devant la loi, où les hommes de pouvoir commande un traitement spécial. C'est quoi déjà la devise du pays des droits de l'homme,  Liberté, Égalité, Fraternité ? In "Troussage de domestique", we believe.

L'Article de Rue 89.
« Personne ne sait ce qui s'est passé dans cette fameuse chambre 2806, restons prudents », avertissent tous les commentateurs avant d'engager leurs propos sur l'affaire DSK, qu'ils soient en faveur ou non de l'ex-directeur du Fonds monétaire international (FMI). Mais certains, convaincus de l'innocence de l'ex-candidat favori de la primaire socialiste, avancent tout et n'importe quoi pour le défendre.

► Jean-François Kahn : un « troussage de domestique »

C'est sur France Culture que Jean-François Kahn, ami du couple Strauss-Kahn, a livré son analyse :
« Je suis certain, enfin pratiquement certain, qu'il n'y a pas eu une tentative violente de viol, je ne crois pas, ça, je connais le personnage, je ne le pense pas. Qu'il y ait eu une imprudence on peut pas le… (rire gourmand), j'sais pas comment dire, un troussage […] un troussage, euh, de domestique, enfin, j'veux dire, ce qui est pas bien. Mais, voilà, c'est une impression. » (Voir la vidéo)
Lire la suite ici

Affaire DSK : Bernard-Henri Lévy étrillé par la presse américaine !

Dans les médias anglo-saxons, les déclarations de soutien de ses amis à Dominique Strauss-Kahn provoquent de vives critiques. Leur cible principale est Bernard-Henri Lévy, qui a d'abord publié une tribune sur le site américain The Daily Beast, lundi 16 mai, avant d'en mettre en ligne une version française sur son site personnel.
Dans cette tribune, M. Lévy s'étonne du fait que la femme de chambre ait pu se trouver seule dans la suite 2806, "contrairement aux usages qui, dans la plupart des grands hôtels new-yorkais, prévoient Il se montre également particulièrement critique avec la juge qui a envoyé M. Strauss-Kahn en prison, et en vient à réclamer un traitement spécial compte tenu du statut de l'accusé: "J'en veux, ce matin, au juge américain qui, en le livrant à la foule des chasseurs d'images qui attendaient devant le commissariat de Harlem, a fait semblant de penser qu'il était un justiciable comme un autre."
des 'brigades de ménage' composées de deux personnes, dans la chambre d'un des personnages les plus surveillés de la planète".
Une prise de position qui n'a pas eu l'heur de plaire dans le monde anglo-saxon. Depuis lundi, les éditorialistes se déchaînent, critiquant son point de vue et sa personnalité.

"LA TRISTE ET TROP COMMUNE ERREUR DE BLÂMER LA FEMME"
Premier reproche adressé à M. Lévy, le peu de considération dans lequel il tient la femme de chambre qui accuse M. Strauss-Kahn. Pour Melissa Bell, journaliste au Washington Post, il commet "la triste et trop commune erreur de blâmer la femme". Maureen Dowd, éditorialiste pour le New York Times, feint de prendre le parti de M. Lévy, pour mieux le caricaturer: "Elle l'a vraiment cherché. C'est le rêve que fait toute jeune veuve qui travaille dur, en craignant Dieu, en se brisant le dos pour faire de basses besognes dans un hôtel de Times Square pour élever sa fille adolescente, justifier son statut d'immigrante et profiter des opportunités offertes par l'Amérique, elle rêve de voir un fou, un vieux satyre ridé qui surgit tout nu de la salle de bains, se jette sur elle et l'entraîne dans la chambre, à la manière d'un homme des cavernes."
Pour Caroline Weber, professeure de littérature française à Barnad College et à Columbia, qui s'exprime sur le site du New York Times, le portrait de DSK fait par BHL – "séducteur, sûrement ; charmeur, ami des femmes" –, ne fait là que reproduire une vieille croyance de la classe politique française : "la profonde vénération qu'éprouveraient les femmes pour les prouesses sexuelles masculines". Et de rappeler qu'Anne Sinclair elle-même avait estimé qu'il était "important pour un homme politique de séduire". Mais pour l'auteure de cette analyse, "avec des amis comme DSK, le deuxième sexe n'a définitivement pas besoin d'ennemis".
D'autres journaux attaquent BHL sur son argumentation autour de la "brigade de ménage". Wendy Kaminer, avocate et écrivaine, explique sur The Atlantic qu'elle a fréquenté ce Sofitel et qu'elle n'a jamais vu une telle brigade à l'œuvre. Tom Scocca, sur Slate, va plus loin et demande au philosophe où il veut en venir avec cet argument : "Est-ce que cela veut dire que cette femme de chambre, un agent de la conspiration antisocialiste et transatlantique pour faire tomber Strauss-Kahn, s'est arrangée pour qu'il n'y ait pas de témoin de l'incident qu'elle était sur le point de provoquer ? Ou simplement qu'une femme qui entre seule dans une chambre d'hôtel s'offre automatiquement à qui peut s'y trouver ?"

"UN MILLIARDAIRE NARCISSIQUE À LA CHEMISE DÉBOUTONNÉE"
Autre sujet qui agace les éditorialistes anglo-saxons : la justice aurait-elle dû faire preuve de plus d'égards à l'endroit de DSK, comme le suggère BHL ? "Alors que Bernard-Henri est scandalisé qu'une simple femme de chambre puisse attirer des ennuis judiciaires à un 'grand' homme comme Strauss-Kahn simplement en l'accusant, de manière crédible, d'agression sexuelle, je suis fier de vivre dans un pays où une femme de ménage peut débarquer un dirigeant international d'un avion en partance pour Paris", répond Jonah Goldberg dans la National Review. Andrew Sullivan, auteur britannique et blogueur sur The Daily Beast, y voit un simple réflexe de survie : BHL prend "la défense de sa classe sociale".
Certains éditorialistes s'attardent sur la personnalité du Français. Matt Welch, rédacteur en chef du magazine Reason, s'en prend violemment à celui qu'il appelle le "milliardaire narcissique à la chemise déboutonnée". Un des éditorialistes de The Economist le qualifie même "d'auteur du pire livre jamais écrit sur les Etats-Unis [American Vertigo]" et lui reproche de chanter les louanges de DSK en faisant peu de cas de la plaignante.
Enfin, ils sont quelques-uns à rappeler le rôle de Bernard-Henri Lévy dans la reconnaissance des rebelles libyens par la France. Tom Scocca en profite ainsi pour ironiser : "Si BHL avait défendu la cause libyenne comme il défend la cause DSK, les marines seraient en train de défendre [le régime de Khadafi]."

dimanche 15 mai 2011

L'Afrique, prochaine destination des investisseurs

Les investisseurs étrangers et notamment ceux en provenance des pays émergents voient pour l'Afrique d'énormes opportunités de croissance à long terme, comme le montre la première enquête sur l'attractivité de l'Afrique, réalisée par Ernst & Young. Cette dernière se base sur deux critères : le premier, quantitatif, mesure les investissements effectués en Afrique au cours des dix dernières années. Le second est une enquête qualitative menée auprès de plus de 562 dirigeants du monde sur leurs stratégies d'investissement et les régions qui en bénéficieront au cours des dix prochaines années. L'analyse d'Ernst & Young sur les projets d'investissements directs étrangers (IDE) indique qu'au cours de la dernière décennie, l'Afrique est
passée de 338 nouveaux projets en 2003 à 633 en 2010, soit une augmentation de près de 87 % en 7 ans. Malgré la baisse des investissements survenue en 2008, l'Afrique reste une destination attractive dans un contexte de récession mondiale, maintenant sa part relative de flux d'investissement mondiaux.


Une forte croissance des nouveaux projets sur le continent est annoncée à partir de l'année prochaine : les flux d'investissement directs devraient atteindre 150 milliards de dollars d'ici 2015. « C'est une progression significative en dépit des incertitudes liées aux changements sociaux profonds et aux instabilités politiques récentes. En Tunisie et plus récemment au Maroc, les événements ont eu un impact sur le leadership des Etats, la mise en attente de certains projets et la remise en question d'investissements établis. Cela n'empêche pas d'anticiper un futur plus ouvert à moyen terme, car les pays qui auront confirmé leur position de membre de la grande région euro méditerranéenne reprendront de l'avance sans inquiéter outre mesure leurs investisseurs et les communautés d'affaires. », précise Marc Lhermitte, Associé Ernst & Young.


En ce qui concerne les futures stratégies d'investissement, l'Afrique occupe une place de choix chez les décideurs. En effet, 42 % du panel envisage d'investir davantage dans la région et 19 % confirment qu'ils maintiendront leurs activités sur le continent. Quant aux entreprises qui ont déjà intégré l'Afrique à leur stratégie d'investissement, leur appréciation est particulièrement positive.


Joseph Pagop-Noupoué, Associé Ernst & Young Société d'Avocats, commente : « Les IDE ont un rôle particulièrement important à jouer : ils sont à la fois source de capital à long terme pour le réinvestissement dans des projets d'infrastructures et accélérateurs d'une croissance durable à travers l'Afrique. Bien que la part des IDE destinée à l'Afrique ait augmenté au cours des dix dernières années, nous sommes convaincus que cette progression ne reflète pas l'attractivité réelle de ce continent qui affiche des taux de croissance économique parmi les plus élevés et des retours sur investissement parmi les plus importants au monde. »


Les pays émergents : premiers investisseurs en Afrique
L'Afrique attire de plus en plus d'investisseurs en provenance des pays émergents. En dix ans, les IDE issus de ces pays sont passés de 100 nouveaux projets en 2003 à 240 en 2010 (soit une hausse annuelle de 13 %). Ils représentent désormais 38 % du total des investissements en Afrique, contre 30 % en 2003.


L'enquête, réalisée auprès de dirigeants de multinationales le confirme : 74 % des investisseurs originaires de pays émergents interrogés affirment que l'Afrique est devenue une destination d'investissement plus attrayante au cours des trois dernières années. Ils sont également de plus en plus positifs concernant le potentiel d'investissement de l'Afrique à long terme. Marc Lhermitte précise : « Au cours des dernières années, l'économie mondiale a opéré un changement radical : aujourd'hui, non seulement les marchés émergents dominent l'attention des investisseurs et l'arbitrage des flux de capitaux, mais ils jouent également un rôle stratégique dans la définition de l'agenda économique mondial. »


Les pays développés, notamment d'Europe et d'Amérique du Nord, sont plus prudents. Les dirigeants originaires de ces régions semblent considérer que le développement de l'Afrique a stagné ces dernières années. Toutefois, les répondants nord-américains sont plus optimistes sur le potentiel d'investissement à long terme de l'Afrique que les Européens. Même si les marchés développés envisagent les investissements en Afrique avec une certaine prudence, ils restent, en proportion, responsables de la plus grande partie des investissements en Afrique.


Des secteurs d'investissement de plus en plus variés
La grande majorité du panel considère les industries extractives comme un domaine d'investissement majeur, avec le plus grand potentiel de croissance pour les prochaines années. Toutefois, d'autres secteurs présentant des options d'investissement attrayantes commencent à émerger : les personnes interrogées considèrent en effet que le tourisme (15 %), les produits de consommation (15 %), la construction (14 %), les télécommunications (13 %) et les services financiers (9 %) offrent un potentiel de croissance élevé.


L'Europe de l'Est et l'Amérique latine : principaux challengers de l'Afrique en termes d'IDE


Même si l'Afrique est perçue de plus en plus positivement, le continent est en concurrence avec d'autres régions qui cherchent à attirer les ressources et le capital des investisseurs internationaux. L'Afrique occupe actuellement la même place que l'Amérique latine et l'Europe de l'Est en termes d'attractivité pour les investisseurs. Comme l'explique Joseph Pagop-Noupoue, « les marchés africains doivent se positionner de manière appropriée dans cet environnement en évolution afin d'accélérer la croissance et le développement et éviter d'être distancés par d'autres régions et marchés émergents ».


Des réformes profondes pour soutenir la croissance en Afrique
La croissance africaine des dix dernières années a été portée par un processus de réformes économiques et réglementaires à long terme, engagé sur une grande partie du continent depuis la fin de la guerre froide. Ce processus s'est caractérisé par la maîtrise de l'inflation, la réduction de la dette extérieure et des déficits budgétaires, la privatisation des entreprises publiques, le renforcement des systèmes réglementaires et juridiques et l'ouverture de nombreuses économies africaines au commerce international.


L'analyse des projets montre que les réussites en matière d'investissement sont réparties sur tout le continent. Dix pays africains ont attiré 70 % des nouveaux projets d'IDE en Afrique entre 2003 et 2010 (Afrique du Sud, Egypte, Maroc, Algérie, Tunisie, Nigéria, Angola, Kenya, Libye, Ghana).
On observe également une nette hausse de l'investissement de pays africains sur leur propre continent (+21 % entre 2003 et 2010), avec toutefois un montant des capitaux investis qui reste inférieur à celui d'autres émergents.


Un futur prometteur !
La majorité des répondants sont optimistes concernant l'avenir de l'Afrique, même si la plupart d'entre eux estiment que le continent n'offrira un potentiel de croissance élevé et solide que sur le long terme (au-delà de trois ans). Outre l'importance cruciale du capital, qui peut continuer à être réinvesti dans les infrastructures et d'autres programmes de développement, cette croissance créera de nombreux autres bénéfices directs et indirects, notamment en matière d'emplois. On estime que pendant la seule année 2015, plus de 350 000 emplois seront créés.


La croissance continue de l'IDE se basera en partie sur la reprise économique des pays développés et sur la forte croissance des pays émergents (Chine et Inde). La croissance du PIB de l'Afrique demeurera solide (+5 % jusqu'en 2015) et sera notamment soutenue par la forte demande et le prix élevé des matières premières.


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Si les niveaux de risque liés à l'investissement en Afrique peuvent être élevés, les niveaux de rentabilité le sont tout autant. De plus, la concurrence dans certains secteurs est relativement faible. Cette opportunité d'investissement ne se maintiendra peut-être pas longtemps, mais l'Afrique semble être bien positionnée pour la saisir. Actuellement, l'Asie est la seule région émergente qui la devance dans les prévisions des investisseurs. Joseph Pagop-Noupoué conclut : « Certaines parties du continent présentent bien sûr des obstacles réels ou subjectifs à l'investissement en raison de l'instabilité politique et de la corruption. Il s'agit évidemment de difficultés importantes, mais les investisseurs en Afrique et les Africains eux-mêmes ont de quoi être positifs. Nous sommes convaincus que l'Afrique est dans une phase de développement durable et que l'IDE va enregistrer une croissance régulière. Toutefois, pour accélérer ce processus de croissance et en tirer profit, les gouvernements et les investisseurs (étrangers et nationaux) doivent agir maintenant. Les réformes économiques et réglementaires doivent s'accélérer afin de diminuer la part de risque inhérente à tout investissement.

mardi 3 mai 2011

Campagne publicitaire : "Toutes nos origines enrichissent le Québec"


C’est sur ce thème qu’a été lancée la nouvelle campagne gouvernementale visant à faire valoir auprès de la population l’apport de la diversité au développement du Québec.
La campagne présente des témoignages authentiques de personnes issues de l’immigration ainsi que de gens qui les côtoient. Sous forme de websérie, Mohammed, Vanessa, Radka et Rodolfo font brièvement le récit de leur intégration professionnelle respective en tant qu’associé, collègue, patronne et spécialiste au sein d’une entreprise.
Le gouvernement québécois veut ainsi faire valoir la contribution des personnes issues de l’immigration au développement de leur milieu ainsi qu’à celui du Québec. Rappelons que, d’ici 2014, plus de 700 000 postes seront à pourvoir partout dans la province. Pour le gouvernement, il importe que les Québécois de toutes origines puissent s’épanouir pleinement sur le marché du travail et participer à l’enrichissement collectif. « La diversité constitue un atout pour toutes les sociétés modernes comme la nôtre. On ne peut se passer des talents et compétences des personnes qui choisissent de s’établir ici », a déclaré la ministre de l’Immigration et des Communautés culturelles, Kathleen Weil.
Pour découvrir la websérie, rendez-vous à http://www.toutesnosorigines.gouv.qc.ca/

lundi 2 mai 2011

N'oubliez pas de voter le 2 mai prochain !

Je trouve aussi ennuyant la politique canadienne, des politiciens sans envergure et sans charisme, des débats insipides, des élections fréquentes et inutiles qui empêchent toute vision à long terme. Malgré ce tableau sombre, je vais quand même exercer mon droit de vote, c'a n'a pas de prix. Je vais choisir le moins pire parmi les canards boiteux qui s'offrent à moi. Je ne veux pas laisser les autres décider pour moi.
Le 2 mai, je vais aller voter pour le CHANGEMENT. Et Vous ?

VOTER, C'EST CHOISIR SON MONDE |

samedi 30 avril 2011

Dernier sondage Angus-Reid : le NPD est entrain d'asphyxier le BLOC au Québec

Dernier jour officiel de la campagne électorale alors que les Canadiens se présenteront aux urnes demain pour élire un nouveau gouvernement, 308 députés, en espérant chez la majorité qu’ils ne devront pas reprendre le même exercice dans deux ans. Sauf que leurs espoirs sont bien minces, considérant qu’un nouveau gouvernement minoritaire s’annonce, dirigé par l’actuel premier ministre Stephen Harper.
Encore samedi, un nouveau sondage montrait que le Nouveau Parti Démocratique arriverait largement en tête des intentions de vote au Québec et consoliderait sa position au second rang au Canada. Si tel est le cas, ce serait la première fois dans l’histoire du pays que les libéraux n’occuperaient ni le pouvoir, ni le rôle d’opposition officielle,
Selon Angus-Reid, pour le compte des quotidiens La Presse et Toronto Star, le NPD récolterait 45% des intentions de vote au Québec contre 26% pour le Bloc Québécois, après répartition des indécis. Le Parti Libéral arriverait troisième avec 16% des voix tandis que le Parti Conservateur obtiendrait seulement 13%.

Au niveau de tout le pays, le Parti Conservateur domine toujours avec 37% d'appuis tandis que le NPD arrive deuxième avec 33% des intentions, suivi du Parti Libéral, loin derrière, avec seulement 19% de soutien.
En plus du Québec, le NPD domine aussi les provinces de l'Atlantique, alors qu'il récolterait 46 % des voix contre 27 % pour les Conservateurs et 25 % pour les Libéraux.
Le sondage a été mené en ligne jeudi et vendredi auprès de 3003 canadiens, dont 705 au Québec, affichant une marge d'erreur est de 1,8 % à l'échelle du pays tandis qu'au Québec elle est de 3,7 %.

vendredi 29 avril 2011

“Le Québec n’a pas besoin d’immigration”, une conclusion exagérée et insidieuse. Partie 2


Les impacts économiques de l’immigration
Mon texte est un regard critique sur le livre « Le remède imaginaire… » de Benoit Dubreuil et Guillaume Marois
Dubreuil et Marois concluent globalement que l’immigration n’a aucun impact significatif sur l’économie des pays d’accueil en se basant essentiellement sur les indicateurs comme le salaire et le PIB/habitant qui ont leurs limites lorsqu’il s’agit d’évaluer la santé économique d’un pays. Même si certaines études révèlent des effets positifs ou potentiellement positifs, ils fabriquent toujours des arguments pour en minimiser la portée. D’ailleurs si le PIB/habitant est un parfait indicateur pour évaluer la performance économique d’un pays, les pays comme le Qatar, le Luxembourg et le Singapour qui forment le top 3 en 2010 (http://fr.wikipedia.org/wiki/PIB_par_habitant ) seraient de loin meilleurs et plus développés que le Canada. Hors, je ne me rappelle pas que le Qatar et le Singapour soient considérés comme des pays développés.
Il faut dire que les conclusions des études que j’ai lues jusqu’à date sont moins catégoriques et plus nuancées que celles des auteurs de ce livre qui ne lésinent pas sur les moyens pour dénigrer l’apport des immigrants à l’économie québécoise même s’il faut faire appel à des raccourcis douteux, et à des affirmations sans fondement scientifique. un immigrant détenant un diplôme universitaire a en moyenne une maîtrise de la langue équivalente à celle d’un Québécois «de souche» détenant un diplôme de cinquième secondaire. ». Elle est bonne celle là, d’une rigueur scientifique déconcertante. Parle t-il d’un Maghrébin, d’un Africain, d’un Chinois ou d’un Européen ? En tout cas, ca ressemble plus à une affirmation gratuite qu’à un fait avéré. Je n’ai pas appris la langue française au Québec mais dans un pays en développement. Fin de la parenthèse.
Par exemple, B. Dubreuil soutient qu’ «
Selon la synthèse d’études effectuée par la Chaire des études canadiennes de l’université McGill, l’immigration pourrait bien être plus rentable qu’on le pense étant donné que le coût de «production» des immigrants adultes est assumé ailleurs, mais c'est une question qui exige davantage de recherches.
« Au Canada, il semble admis que la croissance de la population et l'immigration ont été associées à la croissance économique et à la hausse du niveau de vie. Historiquement, cela a été la tendance à long terme, mais on se demande aujourd'hui si ces rapports se poursuivront à l'avenir, compte tenu surtout des changements survenus dans le profil de l'immigration, dans la société d'accueil (p. ex. le racisme) et dans l'économie canadienne (p. ex. la restructuration). » On peut donc dire que la baisse de la performance économique des immigrants n’est pas uniquement due à leur profil mais aussi à des paramètres complexes liés à la société d’accueil. C’est bien plus facile d’intégrer économiquement des Italiens, des Espagnols, des Grecs, quelque soit leur niveau de qualification, que des Arabes, des Africains, bref ces ethnies étranges avec leurs cultures rétrogrades incompatibles avec les valeurs québécoises. Quelle que soit sa qualification, il y aura toujours un doute sur l’immigrant de la nouvelle vague, son expérience non canadienne, ses capacités d’adaptation à un nouvel environnement, l’acceptation de ce nouveau visage, de cet accent différent par la clientèle de l’entreprise, etc. La peur de l’inconnu est tenace. La première fois qu’un employeur m’a fait CONFIANCE, il ne l’a jamais regretté.
Oui, les données démographiques donnent à penser que les récentes vagues d'immigrants mettent plus longtemps que les précédentes à «rattraper» les natifs sur le plan socioéconomique, même si elles sont plus scolarisées que les anciennes. Mais il faudra se poser de bonnes questions et « approfondir la recherche pour déterminer dans quelle mesure cela est attribuable à des changements économiques d'envergure, à la discrimination, à un contexte démographique et à des caractéristiques de capital humain différentes chez les immigrants récents, ou encore à la transformation progressive de la composition sociodémographique de la population hôte».
Qu’on le veuille ou non, ce serait jouer à l’autruche que d’évacuer la variable « discrimination » de l’équation même si elle ne peut pas expliquer à elle seule les problèmes d’intégration économique des immigrants au Québec.
Selon l’étude de Tossou (1998), l’analyse des données de 1986 montre que des immigrants de minorités visibles particulières, notamment les Noirs et les Asiatiques, avaient gagné des revenus inférieurs à ceux qu’auraient justifiés leurs talents. Le désavantage avait diminué pour les personnes nées au Canada.
Selon la même étude, au Québec, le sous-emploi des immigrants (allophones) au sein des fonctions publique provinciale et municipale est un phénomène ancien. Il semble que les efforts en faveur de l’équité en matière d’emploi n’ont pas remporté un succès phénoménal. Au Québec, cette situation s’explique principalement par le fait que l’État est un employeur important pour la majorité francophone de souche, tandis que les anglophones et allophones œuvrent dans le secteur commercial.
« Certains d’entre eux ont peut-être un statut peu élevé, comme employés de petites entreprises, chauffeurs de taxi, nettoyeurs d’immeubles, employés de restaurant, jardiniers, etc. Mais il est à remarquer que les immigrants sont aussi surreprésentés au sein de certains secteurs de la recherche scientifique et de la haute technologie».
L’étude conclut également que les immigrants représentent une source appréciable de main-d’œuvre à meilleur marché et de surplus économique. Grâce aux effets des économies d’échelle, leur présence a également contribué à la croissance de l’activité économique en général. Cette présence induit une redistribution de la richesse en faveur des propriétaires de capitaux ou des utilisateurs des services des immigrants. Par ailleurs, les travailleurs immigrants apportent parfois un bénéfice net fiscal à l’État et un surplus économique plus ou moins important selon les hypothèses retenues pour évaluer les coûts liés à l’immigration. Cependant, leur présence plus ou moins marquée ainsi que leur impact économique, dépendent aussi de la conjoncture économique favorable ou non qui prévaut dans le pays considéré. Une économie en crise tend à défavoriser l’arrivée des immigrants, mais une économie en expansion les attire, et peut accroître considérablement leur apport.
Certes, les immigrants ont de plus en plus un niveau de salaire moyen inférieur aux natifs donc pourrait contribuer moins à l’assiette fiscale des particuliers. Mais les entreprises qui utilisent cette main d’œuvre abordable font plus de profits augmentant par la même occasion l’assiette fiscale des entreprises. Ce qui veut dire la perte fiscale éventuelle, en ce qui concerne l’impôt sur les salaires, est probablement minimisée par un gain fiscal du côté des entreprises. De toute façon, la baisse salariale engendrée par les immigrants n’est pas nécessairement défavorable aux pays hôtes. Elle n’est défavorable qu’aux immigrants et à certains groupes de salariés natifs. La disponibilité d’une main d’œuvre qualifiée abondante permet d’éviter la pénurie, donc d’empêcher une augmentation démesurée du coût de la main d’œuvre qui pourrait miner la compétitivité des entreprises québécoises dans un contexte de mondialisation de l’économie. La question posée dans le livre à la page 32 - à savoir pourquoi les lobbys patronaux recommandent un haut niveau d’immigration alors que les entreprises qu’ils représentent n’embauchent pas les immigrants que l’on accueille – y trouve en grande partie sa réponse. On a pas besoin nécessairement de les recruter, le seul fait qu’ils soient présents permet de stabiliser des données macro-économiques majeures comme le coût de la main d’œuvre. C’est une simple logique économique de la loi de l’offre et de la demande. Cet effet de modérateur du coût de la main d’œuvre joué par l’entrée massive d’immigrants qualifiés est capital pour une économie qui est en concurrence avec le reste du monde.
L’immigration est un facteur de vitalité entrepreneuriale
Les immigrants contribuent grandement à la création de richesses au Québec. La propension des communautés immigrantes à l’entrepreneuriat est démontrée dans l’étude de Gilles Roy (1998). Parfois, l’immigrant va choisir la voie de l’entrepreneuriat pour contourner les contraintes et les difficultés liées à l’intégration au marché du travail. Ils sont particulièrement présents dans certaines industries comme la restauration, la distribution, les services professionnels, etc.
Même si l’immigration ne permet pas d’améliorer significativement l’indicateur PIB/habitant, elle ne l’a pas détérioré non plus. On peut néanmoins se demander ce qu’aurait été la croissance (décroissance) du PIB du Québec sans l’apport des immigrants ?
L’immigration peut être aussi un instrument d’appui à la croissance économique
En période de prospérité, une politique d’immigration dynamique pourrait faciliter l’arrivée du nombre nécessaire de travailleurs immigrants ayant les qualifications requises. Le pays en profite doublement parce qu’il n’a pas supporté leur formation, et ces derniers sont d’ordinaire de "meilleur marché" que les natifs. Par définition, les travailleurs natifs ne seraient d’ailleurs pas très disponibles, si l’économie tourne à plein régime. Ensuite, la simple présence des immigrants permet de relancer la demande de consommation qui, à son tour, relance la production et par conséquent l’activité économique.
La relation entre l’immigration et l’économie est très complexe et il n’existe aucun modèle parfait pour l’évaluer. Dans ce cas, n’est-il pas hasardeux d’affirmer que l’économie québécoise n’a pas besoin d’immigrants ?
Beaucoup d’inconnus et de variables restent encore à explorer.
Peu de recherches ont été faites à propos de l’incidence de l’immigration sur la production de biens de consommation culturels ethniques, qu’il s’agisse de haute culture ou de culture populaire (p. ex. les restaurants ethniques, certains magasins de détail). Imaginez seulement un Montréal sans les restaurants asiatiques, indiens, maghrébins, latinos et autres.
Par ailleurs des centaines d’entreprises canadiennes font des affaires en or sur les marchés des pays émergents et en développement. Vu le niveau de risque élevé sur ces marchés inconnus, l’apport des réseaux immigrants a été majeur pour aider les entreprises d’ici à y faire leur place. Selon le journal Les Affaires (2010), Les entreprises canadiennes de taille intermédiaire semblent pouvoir compter sur le commerce international puisque 89 % d’entre elles ont vu leur chiffre d’affaires augmenter ces 12 derniers mois sur les marchés étrangers, selon un sondage de la HSBC. Pensez-vous que Bombardier ou SNC-Lavalin décrocheraient leurs gros contrats dans les pays du Maghreb et du Moyen-Orient sans le coup de pouce des immigrants provenant de ces régions ?
Aussi, on ne connait pas assez l’incidence de l’immigration sur le tourisme dans les villes canadiennes. Imaginez aussi Montréal sans tous les festivals multiculturels qui font son dynamisme et son rayonnement international.
L’immigrant si coûteux ?
Malgré toutes les spéculations des auteurs, il faut dire tout simplement qu’il n’y a aucun modèle qui peut permettre d’estimer avec exactitude les avantages coûts/bénéfices de l’immigration. Le coût de « production » de l’immigrant qui entre au Canada avec une moyenne d’âge de 27 ans est assumé ailleurs. Savez-vous combien ca coûte au Québec pour élever un enfant et l’amener à cet âge avec les qualifications qui vont avec ? Si vous avez un chiffre, multipliez-le par le million d’immigrants entré au Québec entre 1971 et 2006, et votre calculatrice va peut-être explosée. Ca peut se chiffrer à des centaines de milliards d’économie sur cette période. Évidemment, l’évaluation n’est pas aussi simple que dans mon exemple. Je ne ferai pas les mêmes déductions simplistes que les auteurs. C’est juste pour dire que c’est une variable très importante qu’aucune étude n’a encore pris en compte jusqu’à maintenant, du moins à ma connaissance.
L’aide sociale, une mesure transitoire pour l’immigrant, une carrière pour certains natifs
Les auteurs démontrent une méconnaissance profonde des motivations et des ambitions des immigrants qualifiés en faisant croire qu’ils préfèreraient le chômage au travail à cause de la générosité de l’État social québécois.
Les études sur l’utilisation de l’aide sociale par les immigrants soulignent globalement qu’ils y font recours souvent de façon temporaire (3 mois à 1 an) en attendant de trouver un emploi alors que les natifs vont rester plus longtemps sur le programme. L’immigrant ne fait toujours pas appel à l’aide sociale de gaieté de cœur alors que le système l’y encourage. J’ai déjà accompagné bénévolement plusieurs immigrants dans leur recherche d’emploi. Pour faciliter le décrochage de ce premier emploi qui offrira l’expérience canadienne manquante à leur C.V, je leur conseille souvent de faire appel au programme de subvention salariale d’Emploi-Québec qui aide les entreprises à engager des personnes éloignées du marché de l’emploi en ne défrayant qu’une infirme partie des charges salariales. A plusieurs reprises, les agents d’Emploi-Québec ont exigé aux immigrants de s’inscrire d’abord à l’aide sociale avant d’obtenir leur admissibilité à la mesure subvention salariale parce qu’ils sont trop qualifiés pour en bénéficier. Cette situation cocasse est due au fait que l’efficacité du programme est évaluée en fonction du nombre de personnes sorties de l’aide sociale. J’en ai connu plusieurs immigrants qui ont refusé de passer par cette étape inutile, même versé des larmes à l'idée de devenir "des mendiants", mais pour d’autres, lorsque tu as une famille à nourrir, la honte n’est pas une option.
Malgré la générosité de l’État social québécois comparativement au reste du Canada, la migration inter-provinciale a été souvent défavorable au Québec, c'est-à-dire qu'une partie des immigrants sélectionnés par le Québec quitte pour les autres provinces. Cela signifie tout simplement que les immigrants ne sont pas là à cause de l’aide sociale qui est dérisoire mais pour trouver un travail valorisant qui leur permettra d’améliorer leur situation socio-économique et même d’avoir des économies pour aider les membres de leur familles restés dans le pays d’origine, ou même parfois pour rembourser les sommes empruntées pour réunir l’argent nécessaire à leur projet d’immigration. Ca coûte très cher ce projet. Ces gens là ont pour la plupart un niveau de vie assez confortable dans leur pays d’origine qu'ils veulent améliorer, le pauvre chèque de l’aide sociale ne peut définitivement pas être la solution.
La sélection des immigrants au Québec est perfectible,
Le Québec peut et doit améliorer son processus de sélection des immigrants qui, selon moi, génère certains résultats paradoxaux sur lesquels je n’ai pas le temps de m’étendre. Cependant, il ne faut pas se leurrer non plus car il n’y aura pas de situation parfaite. Le Québec ne videra pas indéfiniment et gratuitement les autres pays de leurs meilleurs éléments déjà formés, clés-en-main, livraison incluse. Il faut bien assumer certains coûts et améliorer les programmes pouvant faciliter l’intégration économique des immigrants.
Le Québec a pris un virage intéressant depuis une décennie qui consiste à encourager la rétention au Québec des milliers d’étudiants internationaux qui viennent au Québec à chaque année (24 475 à l’automne 2009 dont 15 660 au 1er cycle, 5692 au 2e cycle et 3123 au 3e cycle). Vous imaginez 3 123 étudiants étrangers au doctorat ? Leur importance relative au 3e cycle est supérieure à celle des natifs. Même si l’obtention d’un diplôme canadien n’est pas une garantie contre la discrimination, c’est une clientèle qui s’intègre mieux sur le marché du travail. J’en suis un exemple, j’ai payé mes études à prix fort, et cela ne m’a pas pris plus d’un an pour atteindre le niveau salarial des natifs. J’avoue que pendant l’année de galère, j’ai dû faire quelques petits boulots. Je suis quand même fier d’affirmer que je n’ai rien coûté à l’État québécois avant de commencer par travailler. La grande majorité de ces étudiants diplômés ici se placent à l’intérieur d’une période de 1 à 3 ans, souvent plus dans les grandes entreprises et multinationales que dans les petites entreprises familiales qui constituent la majorité des entreprises québécoises. Malgré tout, j’ai perdu une bonne partie de mon réseau d’étudiants étrangers au profit de l’Ontario et de l’Alberta à cause de la lenteur de l’intégration sur le marché québécois.
La recommandation que les auteurs n’oseront pas faire à haute voix
La conclusion qui se dégage des 310 pages du livre est que le Québec devrait sélectionner seulement des candidats de religion chrétienne pouvant s’intégrer instantanément sur le plan social, culturel, politique, économique et qui partagent les « valeurs québécoises ». En d’autres termes, il devrait ouvrir ses portes à des Français,  des Finlandais, des Suédois, des Anglais, des Espagnols très qualifiés; une population qui ne transformera pas « ethniquement » et durablement le profil de la population québécoise. Mais ce genre d’immigrants sont-ils vraiment intéressés à venir s’installer au Québec, alors que leurs pays vivent plus ou moins la même problématique qu’ici ?
En plus je me rappelle bien d'histoires de médecins français qui ont eu énormément du mal à s'intégrer au Québec et qui ont du déménager en Ontario pour décrocher un emploi en un temps record. Alors mieux vaut tout de suite arrêter de rêver.
Le but affiché du livre qui est de dénoncer l’hyper-optimisme de la classe politique à propos des impacts économiques et démographiques de l’immigration est louable mais dans les faits, cette tentative a basculé dans l’autre extrême, l’hyper-pessimisme. L’émotion et les convictions personnelles des auteurs ont vite pris le dessus. A-t-on besoin d’écrire 310 pages pour passer ce message ? Qu’importe le livre aura le mérite de relancer le débat et peut-être de pousser les gouvernants à faire quelques ajustements salutaires.
 Rachad Lawani
Un immigrant de pays en développement dont les auteurs semblent mépriser le système éducatif.

jeudi 28 avril 2011

“Le Québec n’a pas besoin d’immigration”, une conclusion exagérée et insidieuse. Partie 1

Mon texte est un regard critique sur le livre « Le remède imaginaire, pourquoi l'immigration ne sauvera pas le Québec» de Benoit Dubreuil et Guillaume Marois. Il est très long (8 pages) car le sujet et la teneur du livre l’exigent. Pour le moment, je n’en publierai qu’une partie (3 pages) pour ne pas vous écœurer et désolé pour des éventuelles coquilles, je m’endors.
La lecture dans les journaux des titres comme «le Québec n’a pas besoin économiquement et démographiquement d’immigrants » m’a fait cligner les yeux comme la plupart des gens et surtout a piqué ma curiosité. Plus le temps avance, plus j’entends parler de deux sommités du monde scientifique québécois qui ont effectué un travail colossal, arguments en béton à l’appui, quelque chose qui est comparable à une bombe atomique. Cela a suffi pour me convaincre d’aller acheter le livre hier après le boulot. On peut dire sans risque de se tromper que les auteurs et leurs partenaires ont réussi la mise en marché de leur livre. Oui, je l’ai lu et ca m’a pris toute la nuit jusqu’à 2h du matin pour passer à travers ou presque. Je vais essayer le plus possible de me coller à des données scientifiques en citant textuellement des conclusions de recherches existantes, mais de temps en temps un peu d’analyses et d’expériences personnelles peuvent être mises à profit et surtout excusez mon style parfois coloré. A mon humble avis, il y a des fissures dans le béton armé et la bombe peut-être désamorcée, vous n’avez qu’à lire mon texte jusqu’au bout pour vous en convaincre.
Pour commencer, je dois féliciter les auteurs pour les efforts de documentation et l’ampleur du travail abattu. Il me semble que le livre est une sorte de prolongement du mémoire de maîtrise du démographe Guillaume Marois, la démarche scientifique est fort louable. Ca nous change en effet des lieux communs et des affirmations gratuites sur l’immigration. Cependant sous le couvert de la science, on peut aussi tordre le coup à la réalité.
Prière ne pas jeter la pierre au messager !
J’ai trouvé intéressant et particulier la volonté des auteurs de se protéger contre des attaques ou critiques éventuelles dans l’avant propos du livre. Quelle ignominie pour des scientifiques que de se faire traiter de Xénophobes ! N’est-ce pas mieux de donner des munitions aux autres qui feront le sale boulot avec plaisir. L’avant-propos se résume en quelque chose comme : c’est la science, ce n’est pas l’émotion, ni du rêve et surtout ne nous faites pas dire ce que nous ne faisons qu’insinuer. Mieux, nos amis et collègues ont été convaincus de la pertinence des conclusions de nos travaux, vous aussi ?
Une méthodologie pseudo-scientifique
1- Une revue de littérature abondante mais utilisée de façon pernicieuse :
-      Citation des conclusions pas très favorables à l’immigration de plusieurs études, amplification et exagération de leur portée scientifique; omission volontaire ou non des limites et des réserves que les auteurs de ces études ont soulevé par rapport aux résultats obtenus.
-      Citation de quelques conclusions favorables de certaines études, et démolition systématique de ces conclusions, le plus souvent, par des méthodes très peu scientifiques comme des réflexions douteuses, la suspicion, des accusations à peine voilées, des insinuations et une bonne dose de mépris.
Ils auraient pu se passer de la flèche à Mario Dumont : «Dumont a obtenu un baccalauréat en économie de l’Université Concordia…. Cela implique-t-il qu’il sache de quoi il parle ?»
2- Nouveauté : la simulation d’un « Québec sans immigration », un exercice ayant une portée très limitée car comportant un biais majeur. J’y reviendrai plus en détail.
Pour compléter le tableau, les auteurs essaient de faire passer le gouvernement et ses fonctionnaires pour des incompétents notoires, les journalistes pour des perroquets et les Québécois pour des moutons grégaires. Les auteurs semblent délibérément préférer voir le verre à moitié vide qu’à moitié plein. Le remède imaginaire cède le pas au danger imaginaire.
Revenons au vrai sujet du livre. Je m’abstiendrai de vous parler des bénéfices de l’immigration autres que par rapport aux aspects démographiques et économiques. Ca m’aurait pris des centaines de pages et ce n’était pas clairement la finalité du présent livre.
Les impacts démographiques de l’immigration
Je reconnais qu’une des affirmations des auteurs est indubitable parce la grande majorité des études existantes la confirment : SEULE l’immigration, dans les proportions actuellement ciblées, ne pourra empêcher le vieillissement de la population, dans un contexte de baisse accentuée de la fécondité des natifs. Elle ne fera que reporter l’échéance à plus tard. Aussi une meilleure fécondité des natifs est de loin meilleure que l’immigration pour modifier durablement la structure par âge de la population. Cependant lorsque l’immigration est combinée à une politique nataliste qui implique une légère augmentation de la fécondité des natifs, la conclusion peut être tout à fait différente. A moins de trouver une solution magique qui va contraindre les Québécoises à se remettre à procréer comme dans le bon vieux temps, cette dernière option me semble la plus réaliste. Cette possibilité avait déjà été soulevée dans les travaux de Ledent (1993) qui démontrent que l'immigration internationale peut avoir un impact sensible sur l'évolution démographique du Québec.  Dans les scénarios retenus par cet auteur, la fécondité a un rôle accélérateur, tandis que l'immigration a un effet élévateur de la taille de la population qui en résulte. Malgré cette conclusion sur l’impact marginal de l’immigration sur la démographie, beaucoup de chercheurs reconnaissent les insuffisances des modèles utilisés pour évaluer cet impact parce qu’ils se limitent seulement à l’impact direct des entrées d’immigrants, donc ces modèles ne reflètent pas parfaitement la réalité.
L’honnêteté intellectuelle devrait pousser les auteurs à souligner ses insuffisances.
Selon un article de Tossou (1998) qui a fait sa thèse de doctorat sur le sujet, sous la direction de Norbert Robitaille et Marc Termote, l’effet direct à court terme induit par l’immigration est doublé par un effet indirect à moyen et long termes qui concerne la contribution des immigrants aux naissances enregistrées dans le pays hôte et la concentration géographique et ethnique de ces derniers. Très peu d’études abordent la question de la part des naissances dues aux immigrants. Celles-ci sont le plus souvent intégrées dans les statistiques nationales, laissant croire qu’elles relèvent uniquement des natifs. Cela conduit à une sous-estimation parfois importante de la proportion relative de cette population immigrée, et inversement une surestimation de la part de la population native. Mais on peut s’imaginer aisément que la contribution des immigrants aux naissances a été importante, surtout avec le changement observé dans leur structure ethnique en faveur des pays du tiers monde qui sont plus féconds et dont la part dans les flux entrants est croissante. Cette problématique est due aux données disponibles utilisées pour les estimations. Par exemple, la définition d’immigrant chez Statistique Canada équivaut à « né à l’étranger ». En général, la catégorie «né à l'étranger» masque énormément de variations. Ce qui pousse même certains chercheurs à admettre que les données qui se bornent à comparer les personnes nées au Canada et à l'étranger, sans préciser l'origine ethnique et la période d'immigration, n'ont guère de valeur analytique. Et pourtant, c'est la technique analytique de base utilisée jusqu’à maintenant par les démographes et la plus courante aussi dans la présentation de données publiées.
Une synthèse d'études récentes sur l'immigration et l'intégration des immigrants au Canada dans la perspective de six disciplines a été réalisée par la Chaire des études canadiennes de l’université McGill. Elle soulignait également qu’ « Il serait utile d'avoir des données démographiques sur le comportement des enfants des immigrants, mais il est difficile de les obtenir à partir des données du recensement, à moins que l'on ajoute au questionnaire de recensement le lieu de naissance des parents.
Pour en finir avec l’aspect méthodologique, rappelons qu’à part les statistiques descriptives, la principale méthode utilisée en démographie consiste à recourir à des modèles de simulation ou de régression afin de faire des prévisions quant aux résultats futurs de divers scénarios. Mais des projections ne sont pas nécessairement des prédictions, et il est rare que toutes choses soient égales par ailleurs, sauf dans nos rêves. Il est d’ailleurs fréquent de voir les résultats des projections de Statistique Canada et de l’Institut de statistique du Québec variés périodiquement. Et surtout les résultats obtenus par les simulations dépendent des données utilisées. En d’autres termes, si les données sont bancales, les résultats sont inévitablement imparfaits.
Une simulation biaisée et inutile
Les problèmes méthodologiques susmentionnés m’amènent à qualifier la simulation effectuée par les auteurs concernant un hypothétique Québec sans immigrants de complètement futile. L’idée est d’isoler les immigrants accueillis entre 1971 et 2006 et comparer la structure des âges ainsi obtenue avec celle actuelle qui inclut les immigrants. C’est évident que le million d’immigrants arrivé sur 35 ans ne transformera pas significativement la structure des âges, surtout si leurs enfants et petits enfants nés au Québec ne sont pas considérés comme immigrants. Imaginez un couple marocain venu au Québec et qui a fait 4 enfants au Québec. Dans cette simulation, le couple est isolé comme immigrant mais leurs 4 enfants nés ici sont comptés comme Québécois. Même chose pour mes voisins vietnamiens qui sont arrivés au Québec il y a plus de 20 ans avec 3 enfants mineurs, les enfants sont aujourd’hui des parents de 3 à 4 enfants pour un total de 10. Les 10 enfants sont considérés aussi comme des natifs. C’est tout à fait illusoire d’évaluer l’impact de l’immigration sur la démographie en s’arrêtant seulement à la première génération. Si on exclut les enfants de ce million d’immigrants du groupe des natifs, la structure des âges d’un hypothétique Québec sans immigrants serait probablement différente de celle proposée dans le livre. L’impact des immigrants pourrait encore se répercuter sur la troisième génération même si le niveau de fécondité de la filière immigrante risque de rejoindre celui des natifs à plus long terme.
Selon une étude de Termote (1992), en 1990, 30% des naissances enregistrées sur les Îles de Montréal et Jésus étaient le fait de mères nées à l'étranger, qui ont un indice de fécondité près du double de celui de leurs consœurs nées au Canada. En outre, la moitié de l'augmentation de la natalité entre 1986 et 1990, et près de 40% de l'accroissement naturel de cette période, y sont dus à la population née à l'étranger. Imaginez donc la situation après 1990 où il y a une augmentation de l’immigration en provenance des pays en développement.
Par ailleurs la faible différence entre les rapports de dépendance dans la simulation peut s’expliquer par la période de simulation qui n’est pas suffisamment longue pour révéler un impact significatif. Sur 35 ans, les immigrants ont juste le temps de vieillir et de passer du côté des 65 ans et plus (inactifs) alors que la majorité de leurs enfants sont probablement encore mineurs (inactifs). D’ailleurs rien ne prouve que la légère différence (0,43 vs 0,45) apparue en 2006 à la fin de la simulation ne puisse s’accentuer dans le futur.
Mon analyse critique du livre n’est pas finie, Il y aura une suite…..oups, je m’endors.
Rachad Lawani
Un immigrant de pays en développement dont les auteurs semblent mépriser le système éducatif.